Des musiques « hongroises », écrites par un Suisse, par un Allemand, un Hongrois en balade sur les chemins de Roumanie, un Français qui rêve d’Espagne, une violoniste américaine installée sur les rives du Lac de Bienne… L’EIN vous invite au voyage !

Des musiques « hongroises »,
écrites par un Suisse, par un Allemand, un Hongrois en balade sur les chemins
de Roumanie, un Français qui rêve d’Espagne, une violoniste américaine
installée sur les rives du Lac de Bienne… L’EIN vous invite au voyage ! Le chef d’orchestre Jérôme Faller vous en dit un peu plus sur ce programme aux accents folkloriques.

“La rencontre avec la violoniste américaine
Michaela Paetsch s’est faite entre voisins, puisqu’elle vit à Gléresse, commune
mitoyenne de la Neuveville. L’envie d’une collaboration est venue très
rapidement, surtout autour du Concerto
pour violon no 2 en ré mineur de Joachim
Raff, dont son enregistrement fait référence aujourd’hui. Une histoire
d’amitié, une jolie rencontre.

L’envie d’une collaboration est venue très
rapidement, surtout autour du Concerto
pour violon no 2 en ré mineur de Joachim
Raff, dont son enregistrement fait référence aujourd’hui.

Joachim Raff
(1822-1882) est né à Lachen dans le canton de Schwytz. Il est instituteur, et
se consacre à la composition en autodidacte. Une recommandation de Mendelssohn
permet une première publication de ses œuvres. Il est remarqué par Liszt, dont
il devient le secrétaire particulier. De son vivant, il considéré comme l’égal
de Brahms, dont il partage, avec Liszt également, la fascination pour la
musique dite « hongroise ». Tombé dans l’oubli, Raff connaît depuis
quelques années une renaissance, entre autre par le travail de la Fondation
Joachim Raff, qui œuvre à la nouvelle publication de ce compositeur prolifique,
dont la musique mêle mélancolie et virtuosité.

Johannes Brahms
(1833-1897) a dix-neuf ans. Dans les tavernes de Hambourg, il se fascine pour
les musiciens hongrois et la musique dite « tzigane ». S’inspirant de
ces thèmes fougueux, riches et pleins de panache, il compose ses vingt-et-une Danses Hongroises, à l’origine pour le
piano. Trois d’entre elles seront orchestrées de la main du compositeur
lui-même – ce sont celles choisies pour ce programme.

Le jeune Béla Bartók (1881-1945) se passionne lui aussi pour la musique
folklorique de sa terre natale roumaine, dont il arpente les chemins, notant et
enregistrant les mélodies saisies au hasard des rencontres. Sa notation, très « occidentale »
au début, se précise avec les années : les rythmes irréguliers de 7/16,
les quarts de ton font leur apparition, jetant les jalons de
l’ethnomusicologie. Les Six Danses
Populaires Roumaines sont d’abord écrites pour le piano, puis arrangées
pour orchestre de chambre.

Dans sa Pavane pour une Infante Défunte, Maurice Ravel (1875-1937) rêve à l’Espagne peinte par
Velázquez : une danse lente, dont une jeune Princesse aurait pu esquisser
les pas à la cours. La mélancolie tendre et grave qui se dégage de cette œuvre
pour piano et qu’il orchestrera dix ans plus tard, ne plaisait guère à son
créateur, qui écrit : « l’interprétation remarquable de cette œuvre
incomplète et sans audace a contribué beaucoup, je pense, à son succès. »

A vous de juger, cher Public… et bon
voyage !”

Jérôme Faller

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