Le 21 mars 2018, Johann Sebastian Bach (1685-1750) aurait eu 333 ans

Le 21 mars 2018, Johann Sebastian
Bach (1685-1750) aurait eu 333 ans. Cette triple Trinité du Cantor de
Leipzig mérite bien un hommage. Si Bach est aujourd’hui fêté dans le monde
entier, il n’en était pas de même à sa mort en 1750. Son style, clé de voûte du
baroque allemand, paraît démodé face à celui de ses propres fils Wilhelm
Friedemann, Johann Christian et Carl Philipp Emmanuel. Une fois le Maître
disparu, on étudie sa musique, mais on ne la joue plus.

« Le 21 mars 2018, Bach aurait eu 333 ans. Cette triple Trinité du Cantor de Leipzig mérite bien un hommage. »

Il faudra attendre 1829 pour qu’un jeune compositeur et chef d’orchestre
programme à nouveau la Passion selon
Saint Mathieu en concert. Ce jeune musicien, enfant prodige, s’appelle Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847).
Il connaît l’œuvre de Bach depuis longtemps déjà, et s’est astreint à la composition de fugues dans ses premières symphonies pour cordes, dont la 7e
est achevée en 1823. Mendelssohn a donc tout juste 13 ans, jubile de savoir
moduler selon le cycle des quintes, s’attelle à des fugues qu’il abandonne de
suite, pour les reprendre plus tard, comme en réponse aux remontrances de son
professeur. La 7e Symphonie
pour cordes est le cri de joie d’un enfant surdoué, spontané et un peu
désordonné, qui découvre dans le contrepoint et l’harmonie de merveilleux jouets.

Près d’un siècle plus tard, Bach reste l’une des références absolues du
compositeur suisse Frank Martin (1890-1974).
Sa fascination prend sa source – comme pour Mendelssohn – dans la Saint Mathieu, qu’il entend à l’âge de
12 ans. Ce choc fondateur donnera naissance, 50 ans plus tard, au Golgotha, autre récit de la Passion. Sa Pavane Couleur du Temps (1920) est un
hommage plein de poésie à la basse continue et au contrepoint que Bach avait
mené au paroxysme.

Johann Sebastian Bach est donc immortel, comme le suggère le titre de Knut Nystedt (1915-2014). Sur le texte
de Bach Komm, süsser Tod. Komm, sel’ge
Ruh’. Komm, führe mich in Friede, dans son Schemellis Gesangbuch, Nystedt étire l’harmonie à l’infini, faisant
et défaisant la dissonance, suggérant l’éternité.

« Johann Sebastian Bach est donc immortel »

Autour des 3 mouvements du Concerto
pour clavecin en ré mineur BWV 1052, ce sont donc 3 œuvres de 3 siècles
différents qui rendent hommage à la figure paternelle de la musique
occidentale, celui que les musiciens surnomment avec affection et respect « le
Père Bach ».

Jérôme Faller

L’EIN fait honneur à Bach les 21 et 22 avril prochains à Bévilard et à La Neuveville. Retrouvez toutes les informations sur l’affiche ci-dessous et venez nombreux !

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